
L'AUTRE LIBAN
Le Liban, berceau de la civilisation
La région de "la Bekaa" a constitué les premiers foyers préhistoriques, ensuite l'occupation humaine s'est étendue en
direction du Mont-Liban et de la côte.
La fin de la dernière période pluviale , depuis 10 000 ans, a été marquée par l'arrivée de vagues humaines venues des déserts avoisinant. Ainsi commença l'Histoire et les civilisations se
succédèrent. Les populations de cet Orient ont pu construire leur demeure et s'installer pour inventer la charrue, sélectionner les graines, domestiquer les animaux, découvrir la roue, les
métaux, et l'ALPHABET.
C'est également sur ces terres que les premières religions monothéistes sont apparurent. Les villes du Liban sont parmi les plus anciennes de l'humanité. Aussi, le Liban constitue depuis toujours
un pôle d'attraction et continue à subir les effets de son emplacement à la charnière des trois continents. Cette situation géographique a été exploitée très tôt par les Phéniciens et le Liban
reste toujours la porte de l'Orient, d'où les conséquences bénéfiques sur son économie et sa culture qui ont su traverser des moments difficiles au cours des siècles.
Chronologie
3000 av J-C.
Les cananéens créent des cités-Etats marchandes et indépendantes, comme Gébal (Byblos), Sidon et Tyr. Tandis que celles de la côte
Palestinienne sont peu à peu envahies par les Philistins, puis les Araméens et les Hébreux, celle de la côte phénicienne fondent de petits royaumes opulent(Byblos, Tyr, Sidon,
Arados).
1500 – 1200 av J-C.
Occupation Egyptienne. Quand elle s’effondre, les navigateurs Phéniciens deviennent les maîtres du commerce méditerranéen.
800 – 64 av J-C.
Dominations des Assyriens, puis des Babyloniens, des Perses et des Grecs. La Phénicie est incorporés par Pompée à la Province de Syrie de l’Empire Romain.
395 apr. J-C.
La région est attribuées à l’Empire romain d’Orient. Développement du Christianisme.
637
Conquête arabe.
1099 – 1291
Domination des Francs après la prise de Jérusalem par les croisés.
1291 – 1516
Les Mamelouks chassent les croisés et développent Beyrouth.
1516 – 1918
Les Ottomans, maître du pays, laissent les émirs locaux le diriger. Au XIXème siècle, les Européens poussent les communautés à réclamer leur autonomie.
Napoléon III envoi un corps expéditionnaire après le massacre de chrétiens par des druzes (1860) ce qui aboutit à l’autonomie du Mont-Liban en 1864.
1920
Après la défaite turque dans la Première Guerre Mondiale, le traité de Sèvre ajoute la plaine de la Bekaa et le littoral au Mont-Liban, l’Etat du Grand Liban, comme la Syrie, est placé sous mandat français.
1943
Indépendance. Prospérité économique, grandes disparités sociales.
La guerre civile
Mai-juin 1967
Guerre israélo-arabe des Six-jours. Des centaines de milliers de réfugiés palestiniens entrent au Liban, suivis de milliers d’autres chassés de Jordanie après Septembre noir (1970). Les accords du Caire légalisent la présence armée palestinienne au sud du Liban, mais les affrontements se multiplient entre les résistants palestiniens, Israël et l’Etat libanais, qui se désagrège.
13 avril 1975
27 passagers d’un bus, palestiniens pour la plupart, sont tués par des miliciens phalangistes chrétiens à Beyrouth. Pillages, massacres et exactions se succèdent quand en juin 1976, les chrétiens maronites réclament l’aide de la Syrie. Cette première partie de la guerre, qui se termine en novembre 1976, a fait 30 000 morts. L’armée et le territoire libanais ont explosé en une infinité de clans et de milices.
1978
Les milices chrétiennes se retournent contre leur allié syrien. L’armée israélienne envahit le Sud du Liban (opération Litani) pour repousser les Palestiniens plus au Nord. L’ONU envoie une force d’interposition, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).
4 septembre 1981
Assassinat de l’ambassadeur de France, Louis Delamare.
6 juin 1982
L’armée israélienne traverse les lignes de la Finul, envahit le Liban (opération Paix en Galilée), fait sa jonction à Beyrouth avec les Forces libanaises chrétiennes de Béchir Gemayel et force, le 21 août, l’OPL à quitter la capitale pour Tripoli, puis Tunis. Béchir Gemayel est élu président, puis assassiné le 14 septembre.
17-18 septembre 1982
Les milices chrétiennes massacrent plusieurs centaines de civils (entre 800 et 3 500 selon les sources) dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila, avec la complicité de l’armée israélienne. L’enquête israélienne conclura à la responsabilité personnelle du ministre de la défense, Ariel Sharon.
21 septembre 1982
Amine Gemayel, nouveau président, rappelle la force multinationale, qui avait quitté la Liban après l’invasion israélienne. Retour suivi par un attentat suicide chiite contre l’ambassade américaine (avril 1983, 63 morts) puis deux attentats suicides du Djihad islamique contre les contingents français (58 morts) et américains (241 morts) en octobre 1983. La force multinationale quitte le Liban en février 1984, tandis que les milices chrétiennes et druzes s ‘affrontent et qu’une nouvelle force apparaît dans les quartiers déshérités : le Hezbollah chiite.
Janvier-juin 1985
Retrait de l’armée israélienne, qui confie le contrôle d’une zone tampon au sud à l’Armée du Liban sud.
1985-1988
Affrontement entre milices et à l’intérieur des communautés
Septembre 1988
Report de l’élection présidentielle faute de successeur à Amine Gemayel. Le commandement des forces Armées, le général chrétien Aoun, est chargé de former un gouvernement militaire d’intérim, non reconnu par les musulmans. Il lance aussi « une guerre de libération » contre les 33 000 soldats syriens stationnés au Liban.
22 octobre 1989
Signature de Taëf (Arabie Saoudite) d’un document d’entente nationale qui prévoit un nouvel équilibre entre les communauté au profit des musulmans, la dissolution des milices et la formation d’un gouvernement d’union nationale sans le Hezbollah. Mais le nouveau président élu le 5 novembre, René Mouawad, est assassiné 17 jours plus tard. Les chrétiens se battent entre eux. Les libanais se tournent à nouveau vers la Syrie pour se débarrasser du général Aoun : 40 000 soldats syriens reviennent au Liban avec la bénédiction des Etats-Unis en échange de leur ralliement à la 1ère guerre contre l’Irak. La guerre civile libanaise se termine. Elle a fait 140 000 morts.
La paix Syrienne
22 mai 1991
Le liban est la Syrie signent à Damas un traité de fraternité, de coopération et de coordination qui reconnaît l’indépendance du Liban mais permet à la Syrie de demeurer sur son territoire jusqu’à l’application totale des accords de Taëf. Rafic Hariri, 1er ministre entame la reconstruction du pays et de sa capitale.
Avril 1996
Israël lance l’opération « Raisins de le colère », bombarde les bases du Hezbollah au Liban sud.
Mai 2000
Israël se retire soudainement su Liban sud, qui est aussitôt investi par le Hezbollah. Le cycle des bombardements réciproques reprend.
Octobre 2004
Rafic Hariri démissionne du poste de 1er ministre alors que le pays rejette de plus en plus la tutelle de la Syrie.
14 février 2005
assassinat de Rafic Hariri, la Syrie est suspectée.
8 mars 2005
Les partis chiites Hezbollah et Amal rassemblent près de 500 000 personnes à Beyrouth en faveur de la Syrie.
14 mars 2005
La plus grande manifestation de l’histoire du pays. Près d’1 million de personnes réclament la vérité sur l’assassinat de Hariri , le départ du président Lahoud et des chefs des services secrets.
26 avril 2005
L’armée syrienne se retire, après 29ans de présence au Liban.
Encore la guerre
La guerre civil et l’occupation syrienne ont renforcé les confessionalisations, les mêmes familles se partagent le pouvoir et ses dividendes, les assassinats se poursuivent.
7 mai 2005
Après 15 ans d’exil en France, Michel Aoun rentre au Liban. Il annonce sa candidature aux prochaines élections législatives et s’allie avec son ennemi de toujours : le Hezbollah prosyrien.
29 mai-19 juin 2005
La coalition antisyrienne, menée par le fils de Rafic Hariri, Saad, remporte 72 des 128 sièges de députés. Chacun a voté pour les chefs de son clan. Aoun réalise un score surprenant dans la Békaa. Un proche de Rafic Hariri, Fouad Siniora, devient 1er ministre. Son gouvernement comprend des chrétiens et des musulmans à part égale, y compris, pour la 1ère fois, des membres de Hezbollah.
20 octobre 2005
La commission d’enquête de l’ONU met en cause la Syrie dans la mort de Rafic Hariri.
12 juillet 2006
Israël lance une vaste offensive militaire sur le Liban après l’enlèvement par le Hezbollah de 2 de ses soldats. Les hostilités cessent le 14 août. Selon Amnesty International : 1 183 libanais, dont 1/3 d’enfants ont été tués, 4 054 autres blessés et 970 000 déplacés.
Une 2ème Finul se déploie au Liban sud. Le pays est une nouvelle fois entièrement ravagé.
Le 13 juin 2007
le deputé Walid Eido, membre de la majorité, et son fils, sont assassinés dans un attentat à la voiture piégée, ce qui relance une fois de plus le Liban sur la voie de la guerre civile. Les trois mois de combats sanglants dans le camp de Nahr-El-Bared dans le nord du pays s'achèvent le 2 septembre 2007, lorsque l'armée libanaise ecrase le Fatah al islam (un groupe terroriste) et prend le contrôle du camp, déchaînant la liesse du peuple libanais. L'armée libanaise tue ainsi 222 terroristes et en capture 202, ce qui fait d'elle la 1er armée du monde à combattre avec succès l'islamisme guerrier. Cette bataille rapproche les différentes factions qui séparaient le peuple libanais, et l'armée ressort plus forte politiquement. Le siège du camp a fait toutefois 163 morts parmi les militaires.
La crise rebondit cependant une fois de plus, dès le 19 septembre 2007, avec la mort du député de la majorité Antoine
Ghanem et de plusieurs autres personnes, lors de l'explosion d'une voiture piégée à Sin el-Fil, dans la
banlieue est de Beyrouth. La majorité ne possède donc en théorie plus que de
68 députés parmi les 128 sièges de l'assemblée nationale. Il suffirait donc en principe que 4 voies manquent à l'appel pour qu'il n'y ait plus de majorité absolue aux élections présidentielles.
Cette situation explique qu'à partir du 23 novembre 2007, à la fin du mandat du président Émile
Lahoud, le pays soit resté six mois sans président.
25 mai 2008
le général Michel Sleimane, commandant en chef de l'armée, a été élu à la présidence de la République libanaise. M. Sleimane a remporté 118 suffrages, 6 parlementaires ont voté blanc et 3 bulletins ont été considérés comme nuls.
Malgré toutes les difficultés que le Liban a subies, il nous a montré à travers l’histoire le sens réel du défit et de la
résistance.